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Le blog de Jérôme Dumont

Ce blog évoque la vie politique de la Meuse et de Verdun. Engagé dans le Nord meusien, je suis Conseiller Départemental de la Meuse (canton de Verdun 2)

Tout se joue à l'école primaire, ou comment refonder l'école et en finir avec l'illettrisme

L’école rythme notre vie quotidienne en France. Comme je l’avais déjà évoqué début septembre, l’Education Nationale pourrait se retrouver au cœur de la campagne présidentielle de 2012. Des forums sur l’école de Génération France aux propositions du parti Socialiste, en passant par les rendez-vous pour la France de l’UMP, les politiques s’emparent de ce sujet. Et si, comme pour le développement durable en 2007, ne pouvait-on pas obtenir un consensus sur l’éducation pour 2012?

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J’ai assisté mardi dernier à un forum de Génération France (le think tank de Jean-françois Copé) sur le thème "Education Acte II : tout se joue à l'école primaire" refonder l’école et en finir avec l’illettrisme, en présence de ministres comme Luc Châtel, Luc Ferry ou Nathalie Kociusko-Moriset ou de Bruno Julliard (du PS).

En 2009, la fin du collège unique, le renforcement de la mixité sociale (en regroupant des élèves d’une même ville par niveau), le développement de l’aide personnalisée, l’autonomie des établissements (expérimentée cette année dans une centaine de collèges et de lycées !) avaient les principales pistes du premier forum consacré au collège et au lycée.

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Jean françois Copé (link )propose donc qu’à la fin du CM2, une « validation des savoirs fondamentaux » permette de vérifier que tous les élèves qui passent en 6ème savent lire, écrire, compter. Partant du constat alarmant que  4 écoliers sur dix sortent du CM2 avec de graves lacunes : cela fait 300 000 élèves chaque année. 3 millions en dix ans.

Pour atteindre cet objectif, le Président du groupe UMP à l’Assemblée Nationale avance 3 pistes :

-  Faire davantage confiance aux acteurs de terrain : en confiant plus d’autonomie aux directeurs d’établissement qui doivent devenir les vrais patrons de leur école.

- Donner aux maîtres d’écoles les outils pour réussir : dans l’apprentissage, c’est comme pour tout le reste : il y a des méthodes qui marchent et d’autres qui ne marchent pas.

- Mieux organiser l’année scolaire en n’ayant qu’un objectif en tête : l’intérêt des enfants. Aujourd’hui, l’année scolaire est trop lourde et peu adaptée aux rythmes des enfants. La France est un des pays où dans une année, il y a le moins de jour de classe (140) et le plus d’heures de cours (913),pour un enfant de 7-8 ans. Par exemple, en Finlande, qui est mieux classée dans les comparaisons internationales, c’est presque 50 jours de plus par an mais 300 heures de cours en moins ! Pour cela, il faudrait revenir à la semaine de quatre jours et demi et pourquoi pas raccourcir un peu les vacances d’été…..

 

Si Bruno Julliard, secrétaire national du PS en charge de l’éducation nationale, ne partage pas l’ensemble de ces idées, il semble d’accord sur un certain nombre (priorité à l’école primaire, développement de l’aide personnalisée, réforme du lycée)…

La suite avec la première convention du Mouvement Populaire sur les rendez-vous pour la France dont le premier thème est « Tout commence par l’Education »  mercredi  3 novembre à la Cité des Sciences.

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Jérôme Dumont

Engagé dans le Nord meusien, je suis Conseiller Départemental de la Meuse (canton de Verdun 2).
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novena 05/11/2010 10:46


oh Jérôme, "en finir avec l'illetrisme"...illettrisme avec 2 "t" semble plus correct... :)

jacques


Jérôme 06/11/2010 08:56



Merci Jacques.....



LEBEAU Sylvain 02/11/2010 11:24


Bonjour,

un VRAI problème concernant l'éducation est le même que pour le foot, "si tout le monde a le droit (voir le devoir) d'en parler, la complexité des situations fait que les poncifs ou les simplismes
qui guident parfois les décisions aboutissent souvent à de vulgaires erreurs".
J'écris ça parce que croire de manière manichéenne qu'il suffit d'opposer les conservateurs aux réformistes, les vrais, les bons, (ceux de droite quoi !) ne fait pas avancer le débat.
D'ailleurs je m'aperçois que je perd mon temps içi.


Jérôme 02/11/2010 14:39



Merci vraiment pour vos remarques et vos critiques (elles me font avancer!).


Je ne suis pas d'accord avec toutes les réformes menées depuis quelques mois notamment, je le répète, sur le journée de 4 jours.


Vous ne perdez pas votre temps sur ce blog, simplement nous avons des convictions différentes et ne sommes pas d'accord sur certaines idées. Heureusement!


J'ai créé ce blog pour échanger et dialoguer. Je n'ai pas,par ailleurs , la science infuse mais je défends ce en quoi je crois. Il ne s'agit pas ici de camp, de bien ou de mal mais d'une
participation, très modeste, et d'une volonté d'améliorer l'avenir de notre pays et de notre territoire (la Meuse).


Enfin, sur le manichéisme, que pensez-vous de certains hebdomadaires français qui tirent à bouler rouge sur Sarkozy avec des Unes tels que "Cet homme est-il dangereux?"le voyou" ou "les casseurs"
? Simpliste vous avez dit ?



LEBEAU Sylvain 01/11/2010 21:59


Sur le premier point, comme c'est déjà fait (l'évaluation en CM2), ce que préconise Jean-françois COPE n'apporte rien de nouveau, c'est donc du vent.
Sur le deuxième point et pour répondre de façon plus générale sur les réformes, l'essentiel des "réformettes" des différents ministres depuis un moment ne repose plus sur une POLITIQUE éducative
(sauf de manière sporadique) mais sur des impératifs d'économies budgétaires. Il en ressort que les changements dans le système éducatif ne sont pas guidés par l'intérêt des enfants mais par les
gisements possibles de suppressions de postes. C'est ce qui s'est passé pour le samedi matin du primaire, une décision d'économie, mauvaise pour les élèves. Le cas de l'autonomie des établissements
scolaire est aussi symptomatique puisque pour être autonome il faut en avoir les moyens. Or l'autonomie actuelle des chefs d'établissements consiste à de la gestion de pénurie. Donc, organiser les
écoles primaires sur ce modèle est un leurre pour le bénéfice éducatif par contre, on peut être sûr que la diminution des moyens suivra.
Par ailleurs, s'il est toujours intéressant de regarder ce qui se fait ailleurs, il faut bien prendre garde à comparer ce qui est comparable. Regardons par exemple les données des pays tels que
Norvège, Danemark, Suède, de ceux qui performent aux études PISA et autres, la cohérence socio-culturelle-religieuse est bien plus forte que chez nous (pays de forte immigration), le taux de
chômage/l'accompagnement social n'a rien à voir avec nous et enfin quelles sont les disciplines réelement concernées par l'école : le sport, la musique, les arts ?
En ce qui concerne les vacances d'été, quel sera l'intérêt pour les enfants ?
Ce qui nous intéresse n'est pas forcément de faire travailler les enfants l'été mais de voir comment nous pouvons répartir la charge de travail sur l'année et prendre en compte les travaux des
chronobiologistes qui clament dans le désert depuis des années.
Si vraiment nous voulons prendre en compte l'intérêt des enfants commençons par rationaliser les vacances du courant de l'année qui sont actuellement dictées par les lobbys du tourisme (étalement
des zones etc.). Allongeons les vacances de Toussaint à 2 semaines au lieu d'1,5 qui n'a aucun fondement d'un point de vue scientifique. Alors la effectivement, s'il faut raccourcir les vacances
d'été pourquoi pas.
Sans vouloir faire la guerre des chiffres, il faut être prudent lorsqu'on en relaie.
Exemple en France, 36 semaines * 4 jours d'école = 144 jours. Pour un élève sans difficultés scolaire (tant mieux pour lui mais c'est quand même la grande majorité donc tant qu'à prendre des
chiffres ...), c'est 6 heures jounalières soit 144*6=864 heures de cours (49 heures d'erreurs par rapport au chiffre annoncé et si on prend 140 jours, c'est 73 heures de différence).
Ensuite, on reprend la Finlande qui performe : (913-300)/(140+50)=3.22 heures de cours par jour. Ca ne fait pas beaucoup d'heures de cours par jour ça, une demi-journée allez ! En réalité, les
Finlandais travaillent sur 5 jours par semaine soit 38 semaines par an. Deux semaines de plus que nous. Mais qui peut croire que les petits Finlandais sont laissés à eux-mêmes tous les jours, la
moitié de la journée. La réalité c'est que ce qu'ils ne font pas à l'école (par rapport à chez nous) est pris en charge par d'autres structures en dehors. Signalons juste le cas de l'Allemagne qui
revient sur son organisation éducative et notamment sur les après-midi libre.
Bon j'arrête là...


Jérôme 01/11/2010 23:32



Ce ne sont que des propositions (que je ne partage pas complètement) mais qui ont au moins ont le mérite d'exister ! Il est toujours intéressant d'en discuter et merci pour vos
interventions.


Personnellement, mon constat est le suivant: ou tout va bien et change rien en continuant à demander des moyens (pour moi c'est du conservatisme) ou on admet qu'il existe des dysfonctionnements,
on regarde ce qui marche ailleurs et on apllique ou expérimente (en étant réformiste).


 - l'évaluation en CM2 "C'est fait mais c'est pas appliqué donc ce n'est pas du vent....4 élèves sur 10 sortent de CM2 avec des graves lacunes soit 300000 tous les ans (combien sortent dans
diplôme tous les ans à la fin de leur cursus scolaire). Faut-il laisser faire cette situation ou agir ?


- Les chefs d'établissement ne sont pas autonomes actuellement (ils ne peuvent pas choisir leur profs par exemple). De même, cela ne serait pas appliqué pour les petites structures (comme dans
les zones rurales). Une nouvelle fois, regardons ce qui se fait et ce qui marche en Europe. L'éducation n'est pas une question de MOYENS comme on l'entend trop souvent, sinon nous serions en tête
de tous les critères des pays de l'OCDE. Je ne suis pas pessimiste non plus, tout n'est pas noir !


- Le calendrier scolaire actuel est calqué sur l'organisation économique de notre pays au 19ème siècle. La moisson ne mobilise plus tous les enfants de France! C'est une réorganisation complète
du calendrier scolaire qui est à faire. Lorsque je fais cours à mes élèves de 5 à 6, leur attention n'est pas la même qu'9 heures. Moins d'heures de cours dans la journée mais plus dans de jours
de cours dans l'année, l'intérêt de l'élève serait vraiment pris en compte (sport, aide personnalisée, ouverture culturelle le reste de la journée). Moins celui des profs, des professionnels
du tourisme et des parents d'élèves.....


Essayons de ne pas rater 2012 pour ces questions d'Education Nationale!!!



LEBEAU Sylvain 31/10/2010 20:35


Plusieurs remarques :
- la vérification des acquis du primaire se fait déjà. Par contre ... ce n'est pas un filtre. L'élève qui échoue ou a des difficultés (tout n'est pas binaire) peut passer quand même au collège. M.
COPE veut-il créer un barrage filtrant à la fin du CM2 et donc supprimer l'organisation en cycle ?
- lorsqu'un parti politique au pouvoir supprime une demi-journée/semaine aux écoliers (évidemment dans le seul intérêt des enfants mais tout en alourdissant le programme et en supprimant des postes
de RASED) pour ensuite envisager de revenir en arrière (en n'ayant qu'un seul objectif en tête : l'intérêt des enfants)en trouvant que les résultats ne sont pas bons, que peut-on en penser ? Que
nous sommes gouvernés par des irresponsables.
- en finir avec l'illetrisme : cela me rappelle les promesses de JOSPIN avec zéro SDF.


Jérôme 01/11/2010 16:10



Je suis d'accord avec vous sur un certain nombre de ces remarques. Je reviens sur l'idée de consensus pour 2012 sur un certain nombre d'éléments.


Pour la 1ère remarque, il ne s'agit pas d'un examen final (type bac) mais d'une évaluation formative comme il en existe déjà en CE1 (j'ai aussi des enfants) et en CM2 (le socle commun mis en
place par Fillon en 2003). D'ailleurs, l'idée est de remédier aux problèmes de l'élève avant le CM2. Un gamin en difficulté avant la 6ème sera encore plus largué au collège (d'où également la
volonté de supprimer le collège unique).


Pour la demi-journée supprimée, c'est une erreur et je le reconnais. Trop souvent (c'est Descoings et d'autres qui le disent) l'Education Nationale est réformée par des "énarques" n'ayant jamais
eu de difficultés dans leur scolarité.....L'irresponsabilité serait de ne pas reconnaître le retour en arrière. Pour une fois, j'espère que nos politiques vont écouter les professionnels et
un peu moins les associations de parents d'élèves. Cela aura quand même permis de mettre en place l'accompagnement personnalisé après les cours normaux pour les élèves
en difficulté. Par contre, sur l'idée de raccourcir les vacances d'été, vous en pensez quoi ?


Enfin, sur l'illetrisme, tous les ministres en ont fait leur priorité. Le problème est que nous en sommes à 7 ministres depuis 1997 et, à chaque fois il y va de sa réformette....